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Nine PERRIS |
| | Née en 1999. Diplômée de l'ISDAT Toulouse et de l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Vit et travaille à Bruxelles.
" Mon travail est né [ d'un ] aller-retour permanent entre ruralité et urbanité.
Il se nourrit aussi de phénomènes sociaux et environnementaux, de normes architecturales et urbanistiques. Mais c’est avant tout un regard posé, une narration que je me raconte et que je mets en espace.
De cet entre-deux, j’ai développé une sensibilité particulière pour la manière de construire, d’habiter, de s’inscrire dans un paysage ou dans un volume. Pour moi, l’architecture demeure quelque chose de léger, presque insaisissable, en perpétuelle évolution. Mes installations interrogent les notions de seuil, de passage, du structuré, de transparence, de visible et de presque invisible. Elles touchent à la question du vivant, du corps existant ; celui du bâtisseur et celui de l’habitant." |
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Bouches d’égouts infiltrées,
circuit effectué,
extraction réussite | | | 
| | | Nine Perris, Bouches d’égouts infiltrées, circuit effectué, extraction réussite
Acier, rouille, métal forgé, 120 cm × 200 cm × 100 cm. 2025. Courtesy de l’artiste
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| | Cette pièce prend la forme d’un trottoir mesurant 2 mètres par 1,20 mètre pour 20 centimètres de hauteur, des dimensions conformes aux normes urbanistiques européennes auxquelles je porte une attention particulière dans mon travail. On y retrouve également des bouches d’égout de 15 cm par 15 cm, dimensions couramment utilisées dans l’aménagement des trottoirs.
La temporalité occupe une place importante dans cette installation et se manifeste notamment à travers la présence de rouille, qui révèle différentes strates de temps. Plusieurs temporalités semblent ainsi coexister dans l’œuvre.
À travers ce projet, je cherche à rendre perceptible ce qui reste habituellement invisible. Ce qui se passe sous nos pieds m’a toujours intriguée. Les tuyaux deviennent ici les vecteurs de liens entre intérieur et extérieur, entre la rue et les habitations, mais aussi entre les habitations elles-mêmes. Ils franchissent les seuils et dessinent un réseau de connexions souterraines et invisibles.
Le trottoir apparaît alors comme une ligne tracée dans l’espace, une interface entre le vide et le plein. Il s’agit également de donner une présence à ce qui ne se voit pas : suggérer, dévoiler partiellement ce qui se cache sous la surface tout en laissant subsister une part de mystère. J’ai également observé que le rapport au trottoir diffère selon les contextes, entre milieu urbain et milieu rural, révélant différentes manières d’habiter et de circuler dans l’espace.
Enfin, l’origine des matériaux et les techniques employées occupent une place centrale dans mon travail. Cette installation combine des éléments assemblés par soudure et façonnés par forge. La forge, technique ancienne, introduit une dimension liée au temps et au savoir-faire artisanal, renforçant encore la question de la temporalité dans la pièce. J’aime ainsi mêler et détourner les techniques traditionnelles afin d’explorer de nouvelles matières et textures. |
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